
Allégorie de la Victoire à la couronne de laurier
Cette sublime sculpture chryséléphantine réalisée vers 1920–1925 par le célèbre sculpteur français Philippe Devriez, conçue en ivoire sculpté en taille directe et argent (portant le poinçon de maître orfèvre 'HP' correspondant à l'atelier de l'orfèvre parisien Henri Penon dans le pli du drapé) sur un piédestal en marbre Portoro aux veines dorées et noires, constitue un témoignage d'un virtuosisme technique et intellectuel exceptionnel dans le contexte du néoclassicisme tardif et de l'Art Déco européen. L'œuvre représente une allégorie classique de la Victoire ou une dryade gréco-romaine brandissant une couronne de laurier, dont le canon stylistique puise directement aux sources de la statuaire hellénistique et de la riche tradition de la sculpture polychrome inaugurée par Albert-Ernest Carrier-Belleuse puis portée à son apogée par Louis-Ernest Barrias et Demetre Chiparus, pionniers du renouveau de la chryséléphantine associant métaux précieux et surfaces organiques. L'exécution anatomique virtuose du visage et de la tunique révèle une précision minutieuse, où l'ivoire d'une grande finesse façonne les chairs, la coiffure florale élaborée et les sandales délicatement nouées, tandis que le drapé métallique en argent, travaillé avec une fluidité rythmique et dynamique, accentue l'impression de mouvement et le léger contrapposto de la figure. La présence de la signature gravée 'DEVRIEZ' sur le marbre ainsi que le poinçon d'orfèvrerie sur le métal témoignent du caractère exceptionnel de cette pièce de haute collection issue des plus grands ateliers parisiens.
DEVRIEZ, Philippe
Philippe Devriez (France, actif c. 1920–1935) constitue une figure emblématique de la sculpture décorative de l'entre-deux-guerres, au cœur de l'épanouissement du mouvement Art Déco parisien. Bien que les registres historiographiques présentent des lacunes quant à ses dates exactes de naissance et de décès, sa carrière professionnelle s'inscrit fermement entre les années 1920 et le milieu du XXe siècle, période durant laquelle il a développé un corpus raffiné de sculptures figuratives et de compositions chryséléphantines d'une grande précision. Formé dans la rigoureuse tradition académique française de la taille directe et du modélage, Devriez a assimilé les influences du classicisme gréco-romain pour les fusionner avec brio aux rythmes stylisés, aux lignes fluides et à l'élégance géométrique propres à son époque. Spécialisé dans le petit et moyen format, sa production se distingue par l'alliance somptueuse de matériaux nobles —ivoire d'une grande finesse, bronze patiné, argenté ou doré et argent— reposant sur des piédestaux élaborés en marbre de coupe, onyx et marbre Portoro. Son répertoire thématique s'étend des élégantes allégories mythologiques et figures féminines d'inspiration classique aux danseuses dynamiques incarnant la modernité des Années folles. Le langage technique de Devriez découle directement de la sculpture polychrome perfectionnée par des maîtres de la chryséléphantine tels que Louis-Ernest Barrias, Demetre Chiparus et Claire Jeanne Roberte Colinet, maintenant des collaborations étroites avec de célèbres fonderies d'art et ateliers d'orfèvrerie parisiens. Aujourd'hui, les créations de Philippe Devriez appartiennent aux grands circuits de collection privée internationale et s'inscrivent dans la lignée des collections majeures d'arts décoratifs du XXe siècle préservées au sein d'institutions de référence comme le Museo Art Nouveau y Art Déco Casa Lis de Salamanque, le Musée des Arts Décoratifs de Paris et les Musées Royaux d'Art et d'Histoire de Bruxelles.






