CARRIER-BELLEUSE, André-Ernest
Albert-Ernest Carrier-Belleuse (Anizy-le-Château, 12 juin 1824 - Sèvres, 3 juin 1887) fut un sculpteur et peintre français prolifique et éminent, considéré comme l'un des artistes les plus représentatifs du Second Empire et une figure clé de la transition vers le naturalisme et l'éclectisme décoratif dans la sculpture de la seconde moitié du XIXe siècle. Il s'est formé initialement dans la petite école de dessin de Paris et est entré par la suite à l'École des Beaux-Arts, où il a été l'élève du sculpteur David d'Angers. Durant ses premières années, il a connu des difficultés financières, travaillant ainsi intensément à la production d'objets décoratifs, d'orfèvrerie et de terres cuites, ce qui a aiguisé sa maîtrise technique du détail. Il a débuté au Salon de Paris en 1851. À partir des années 1860, sa carrière a connu un essor fulgurant, devenant le sculpteur favori de la haute bourgeoisie et de la cour de Napoléon III. Il a obtenu de nombreuses médailles dans les Salons et aux Expositions universelles (comme celle de Paris en 1867). Son atelier est devenu une véritable fabrique d'art décoratif où travaillaient de nombreux assistants. Parmi eux s'est distingué un jeune Auguste Rodin, que Carrier-Belleuse a engagé en 1864 et avec qui il a maintenu une étroite collaboration professionnelle pendant plusieurs années, l'emmenant même à Bruxelles pour travailler sur des projets architecturaux. En 1876, il a été nommé directeur artistique de la prestigieuse Manufacture nationale de Sèvres, poste où il a revitalisé la production de porcelaine avec des designs d'une grande élégance et d'un grand dynamisme inspirés du rococo et du néo-baroque, fonction qu'il a exercée jusqu'à la fin de ses jours. Son style s'est caractérisé par un virtuosisme technique exceptionnel, la grâce de la composition, le dynamisme des formes et une prédilection pour le traitement minutieux des textures (tissus, cheveux, bijoux). Il a cultivé avec maestria le bronze, le marbre, la terre cuite et la porcelaine. Parmi ses œuvres les plus marquantes figurent : L'Enlèvement d'Hippodamie (1871) : Un chef-d'œuvre en marbre témoignant de sa maîtrise du mouvement et de la tension musculaire, conservé au Musée des Beaux-Arts de Troyes ; Monument à Manuel Belgrano (1873) : Célèbre monument équestre situé sur la Place de Mai à Buenos Aires, en Argentine ; Décoration du Palais de l'Opéra de Paris : Il a pris une part active aux reliefs et aux sculptures ornementales du bâtiment conçu par Charles Garnier ; La fontaine de la Place de la Concorde et de nombreux bustes : Il a réalisé d'innombrables portraits féminins d'une grande délicatesse et des statuettes allégoriques en terre cuite qui ont inondé les salons de la bourgeoisie européenne de l'époque.
